Merci

Le dormeur doit se réveiller (Dune – Frank Herbert)

 

     Je vivais dans un monde où le monde tournait à peu près rond, où les gouvernants s’appliquaient à résoudre des crises économiques ou humaines qui me dépassaient. Mais bon an, mal an, ces gouvernants cherchaient le bien du peuple, en cherchant le leur propre au passage, mais pourvu que le peuple vive mieux, c’était acceptable.

     Je vivais dans un monde où ceux qui savent indiquaient quels étaient les problèmes, disaient et semblaient chercher à y porter remède, et faisaient savoir qui étaient les méchants (l’URSS, l’Iran, Saddam Hussein, les Serbes qui traitaient mal leur minorité Kosovare) et qui étaient les gentils (les nations occidentales, garantes de la liberté d’expression et de conscience).

            Je vivais dans un monde où, bien sûr, j’ai eu à me poser des questions, et ai même décidé de m’expatrier pour vivre mieux. Mes questions étaient personnelles. Je savais que je n’étais pas assez sage pour diriger les affaires du monde, et qu’il y avait des gens bien plus capables que moi pour s’en occuper : les hommes politiques.

     Et puis, le 22 mai 2013, le meurtre en plein Londres de Lee Rigby, par 2 islamistes. C’était pour moi la goutte qui fait déborder le vase islamique. D’un coup, un sentiment de nausée profonde a déferlé en moi. Images insoutenables. Ce gosse assassiné aurait pu être le mien. Ce tueur fou, se glorifiant de son geste maléfique, me rappelait les « heures les plus sombres de notre histoire ». Nous y étions. Et voilà que les médias disaient que c’était un geste « isolé ». A force d’être isolés, les attentats islamistes sont légion. Mais le message des médias et du gouvernement britanniques étaient : « Circulez, y’a rien à voir ». Ce jour-là, le dormeur que j’étais s’est réveillé, en appelant « Au secours ». Les gouvernants ? : « Fermez les yeux ». Par contre, un courageux gaillard anglais, Tommy Robinson, organisa dans la foulée des marches de deuil devant les monuments aux morts de tout le pays, et incita chacun à accueillir aimablement tout musulman qui se sentirait autant révolté. J’appris que cet homme était ostracisé. L’ayant suivi sur Twitter, je sais maintenant que c’est un homme droit.

     Alors, j’ai regardé mon pays avec des yeux neufs, sans a priori, utilisant Twitter pour regarder, discuter, comprendre, échanger, me tromper. A la cinquantaine, il était temps ! Comme si les vannes d’un barrage s’étaient rompues, j’ai été submergé par toutes sortes de sentiments : colère, haine, frustration. Et là, des gens m’ont accompagné sans me juger, de tout bord (de droite surtout, mais de gauche aussi, et certains même carrément très à droite). Peu à peu, à partir du déluge du départ, j’ai pu faire sens, m’orienter, respecter, apprécier, refuser.

     Alors, merci pour votre accueil : Luc, Roland, Jean-Christophe, Damien, Frédéric (parmi les premiers à échanger avec moi), puis Gabriel, Pierre, Philippe, Fabrice, Aldo, Michel, Jean, et tant d’autres. Vous avez perçu ma sincérité. Vous m’avez tant appris. J’ai pris mes marques. J’ai fait la synthèse en fonction de mes propres valeurs. Mes idées sont plus claires, assagies.

     J’ai compris que les individus m’importent plus que les idéologies, même si certaines me paraissent relever davantage de la foi voire de la superstition :

–          comme le marxisme,

–          ou comme la théorie du complot (qui a peut-être une simple part de vrai), où certains confondent élites pourries (je ne doute plus que les élites de ce monde soient pourries pour leur très grande majorité) et peuple comme le peuple juif, que certains veulent voir comme à l’origine de tous nos maux. Je ne partage pas cette foi qui s’apparente à de la superstition et qui substitue tout simplement le Diable par le peuple juif. Que certaines de leurs élites soient pourries, bien sûr ! Mais nous avons les nôtres, bien françaises de souche, et tout aussi pourries. Taxez-moi de sioniste si ça vous chante, mais désolé, d’une part les problèmes d’Israël ne sont pas les miens (je ne suis ni pour ni contre Israël), d’autre part il me semble que votre théorie est plus une question de croyance à laquelle je ne puis souscrire – je sais, je finirai en enfer !].

 

     Mes idées sont plus claires et j’en suis sûr évolueront, mûriront. C’est le propre même de notre nature humaine, de toujours être en recherche. Rien n’est jamais figé. Merci donc pour mon éveil et ma prise de conscience. Je vous le dois. Merci à tous. Merci à des sites comme Bouvevard Voltaire et Français de souche, merci à leurs créateurs et contributeurs. Respect pour leur courage et leur ténacité.

     Vous incarnez l’espoir.

     De tout cœur, merci à vous, mes amis.

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2 réflexions au sujet de « Merci »

  1. Aldo Sterone

    Merci de cet emouvant temoignage. Travaillons ensemble, grandissons ensemble. Tout ce qui se passe autour de nous, se resume en deux notions: la vie, la mort. Notre parole a nous est celle de la vie, donc de la lumiere, du bonheur, de la justice, de la prosperite, de la paix… Et en face, nous avons une parole de mort. A nous de former l’union contre.

    Répondre

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